Grève des policiers au Brésil, le gouvernement destabilisé

Le gouvernement de Dilma Rousseff est en alerte. Depuis une semaine une grève de la police militaire de l’Etat de Bahia au Brésil paralyse la capitale, Salvador de Bahia. Plus de 90 morts, les commerces fermés, des pillages, une explosion de la criminalité, la présidente a du envoyer l’armée sur place vendredi dernier. Les négociations sont en cours, les gouverneurs des autres Etats du Brésil craignent la contagion.

Militaires devant l'Assemblée de l'Etat brésilien de Bahia, occupée par des policiers en grève. Photo AP

Un tiers des forces de police de l’état de Salvador environ sont rentrées en grève mardi dernier afin de demander une augmentation de salaire. 3000 militaires et 4 tanks ont d’ors et déjà été envoyés aux alentours de la capitale de la région de Bahia par l’Etat fédéral. Les policiers brésiliens sont mal formés et gagnent une misère relativement aux risques qu’ils encourent. Le salaire moyen d’un fonctionnaire de police dans cet Etat est de 867 dollars par mois. Les grévistes demandent une augmentation de 30%, contre les 6,5% proposés par Jacques Wagner, le gouverneur de la province. Toujours enfermés dans le Palais de l’Assemblée législative de Bahia et encerclés par plus de 1000 militaires, les 200 policiers sont sommés depuis dimanche de livrer 11 de leurs leaders à la police fédérale, ce qu’ils refusent. Ils réclament une amnistie générale, et affirment qu’ils se défendront avec leurs armes. Une quarentaine d’hommes du Commando d’Opérations Tactiques de la police fédérale est arrivée sur place en cas d’assaut.

Les gouverneurs d’autres Etats Brésiliens se sont réunis ces derniers jours pour éviter une contagion du mouvement de rebellion. Des voix se sont fait entendre en ce sens par la police militaire de Rio de Janeiro. Les policiers de Salvador de Bahia sont soutenus par leurs familles et une partie de la population. Une attaque frontale pourrait signifier une rupture psychologique à long terme avec les forces de police.

Le conflit social soulève aussi d’autres enjeux. Environ 10% des touristes ont déjà annulé leur réservation pour le carnaval de Salvador de Bahia, qui débutera dans moins d’une dizaine de jours, alors que la ville attend plusieurs millions de touristes. Salvador sera aussi l’une des villes-hôtes de la prochaine coupe du monde de football en 2014.

Indésirable Chevron

Chevron vient de prendre un soufflet de la part du gouvernement Brésilien, qui lui a ordonné le 1er décembre de fermer un de ses puits de pétrole. Ce n’est pas la première fois que les activités polluantes du géant américain le rendent indésirable sur le continent.

Chevron Brasil Upstream Frade Ltda, filiale brésilienne du géant énergétique, a reçu l’ordre le 1er décembre de l’Agence nationale brésilienne du pétrole (ANP) de fermer l’un de ses 11 puits de production et quatre puits utilisant une technique de récupération de pétrole à injection d’eau sur son champ de Frade, selon l’AFP. Frade représente environ 4% du brut exporté par le Brésil, et plus de la moitié de ce gisement est exploité par Chevron, explique le Financial Times. Le 9 novembre, lors d’une inspection, les autorités brésiliennes avaient découvert une fuite de sulfite d’hydrogène provenant d’un des puits. Elles ont alors ordonné de fermer des puits, explique le numéro deux américain de l’énergie jeudi 1 décembre. Les autorités brésiliennes avaient déjà suspendu, mercredi 23 novembre, toutes les activités de l’américain Chevron. Chevron avait pourtant tenté de jouer dans la balance du jugement de l’ANP en annonçant le 25 novembre un plan d’investissement au Brésil, de 3 milliards sur 3 ans.
Chevron est attaqué en justice de toutes parts, notamment aux Etats-Unis. Il est possible de consulter à ce propos le rapport de Antonia Juhasz, responsable Energie à Global Exchange :  The True Cost of Chevron: An Alternative Annual Report.

Une affiche officielle de Chevron

Mais ce n’est pas tout. Chevron a été nommé très récemment « Entreprise la plus polluante au monde en 2011 » par le magazine américain Alternet, comme le rapporte l’International Business Times. Selon Alternet : « Au Kazakhstan, Chevron a contaminé les ressources terrestres et aquatiques. Dans la région de l’Alberta au Canada, Chevron est investi dans les sables bitumineux – un des projets les plus dommageables pour l’environnement sur ​​la planète. Dans le delta du Niger, Chevron est complice de violations des droits humains commises par les forces de sécurité contre la population locale. Aux Philippines, les fuites et les déversements d’huile réguliers ont écoeuré les habitants de Manille. Les opérations de Chevron en Birmanie fournissent une sécurité financière au régime militaire birman – connu pour son effroyable bilan des droits humains. En Australie occidentale, les installations de gaz naturel liquéfié de Chevron menacent la santé des communautés locales, le rorqual à bosse fragile et les populations de tortues. »

Chevron n’est pas non plus le bienvenue en Equateur. En février 2011, Chevron avait été condamné par la justice équatorienne à verser 8,6 milliards de dollars de dédommagements pour avoir pollué l’Amazonie entre 1964 et 1990, alors que l’entreprise relevait encore du nom de Texaco. La justice avait conclu que Chevron a délibérément déversé 47 milliards de litres de déchets hautement toxiques dans les ruisseaux et les rivières dont les populations locales dépendent pour boire, se baigner, et pêcher.

Aux Etats-Unis, les agissements de Chevron ne passent pas inaperçus. Ici l'actrice Daryl Hannah testant de l'eau en Equateur.

Chevron a contesté cette décision et la Cour permanente d’arbitrage de La Haye a par la suite statué que les tribunaux équatoriens ont violé la loi internationale. Chevron a reçu 96 millions de dollars en frais d’arbitrage. Selon le Rainforest Action Network, l’héritage de Chevron en Equateur peut s’assimiler à « Tchernobyl ». L’Etats-Unien Joe Berlinger a réalisé un  documentaire  sur cette affaire en 2009, Crude.

Le Brésil diminue ses taux d’intérêts malgré l’inflation galopante (BBC)

La Banque centrale du Brésil a réduit le taux d’intérêt du pays de 12% à 11,5%, en arguant du ralentissement continu de l’économie mondiale.

La banque avait déjà réduit les taux à la fin du mois d’août, après les avoir élevé cinq fois cette année pour lutter contre la hausse des prix.

Malgré la hausse du taux d’inflation à 7,3% en septembre, tous les sept membres du comité ont voté pour cette dernière baisse du taux d’intérêt. Le mois dernier, la banque centrale a réduit ses prévisions de croissance économique pour 2011 à 3,5%.

Source: http://www.bbc.co.uk/news/business-15379625