Indésirable Chevron

Chevron vient de prendre un soufflet de la part du gouvernement Brésilien, qui lui a ordonné le 1er décembre de fermer un de ses puits de pétrole. Ce n’est pas la première fois que les activités polluantes du géant américain le rendent indésirable sur le continent.

Chevron Brasil Upstream Frade Ltda, filiale brésilienne du géant énergétique, a reçu l’ordre le 1er décembre de l’Agence nationale brésilienne du pétrole (ANP) de fermer l’un de ses 11 puits de production et quatre puits utilisant une technique de récupération de pétrole à injection d’eau sur son champ de Frade, selon l’AFP. Frade représente environ 4% du brut exporté par le Brésil, et plus de la moitié de ce gisement est exploité par Chevron, explique le Financial Times. Le 9 novembre, lors d’une inspection, les autorités brésiliennes avaient découvert une fuite de sulfite d’hydrogène provenant d’un des puits. Elles ont alors ordonné de fermer des puits, explique le numéro deux américain de l’énergie jeudi 1 décembre. Les autorités brésiliennes avaient déjà suspendu, mercredi 23 novembre, toutes les activités de l’américain Chevron. Chevron avait pourtant tenté de jouer dans la balance du jugement de l’ANP en annonçant le 25 novembre un plan d’investissement au Brésil, de 3 milliards sur 3 ans.
Chevron est attaqué en justice de toutes parts, notamment aux Etats-Unis. Il est possible de consulter à ce propos le rapport de Antonia Juhasz, responsable Energie à Global Exchange :  The True Cost of Chevron: An Alternative Annual Report.

Une affiche officielle de Chevron

Mais ce n’est pas tout. Chevron a été nommé très récemment « Entreprise la plus polluante au monde en 2011 » par le magazine américain Alternet, comme le rapporte l’International Business Times. Selon Alternet : « Au Kazakhstan, Chevron a contaminé les ressources terrestres et aquatiques. Dans la région de l’Alberta au Canada, Chevron est investi dans les sables bitumineux – un des projets les plus dommageables pour l’environnement sur ​​la planète. Dans le delta du Niger, Chevron est complice de violations des droits humains commises par les forces de sécurité contre la population locale. Aux Philippines, les fuites et les déversements d’huile réguliers ont écoeuré les habitants de Manille. Les opérations de Chevron en Birmanie fournissent une sécurité financière au régime militaire birman – connu pour son effroyable bilan des droits humains. En Australie occidentale, les installations de gaz naturel liquéfié de Chevron menacent la santé des communautés locales, le rorqual à bosse fragile et les populations de tortues. »

Chevron n’est pas non plus le bienvenue en Equateur. En février 2011, Chevron avait été condamné par la justice équatorienne à verser 8,6 milliards de dollars de dédommagements pour avoir pollué l’Amazonie entre 1964 et 1990, alors que l’entreprise relevait encore du nom de Texaco. La justice avait conclu que Chevron a délibérément déversé 47 milliards de litres de déchets hautement toxiques dans les ruisseaux et les rivières dont les populations locales dépendent pour boire, se baigner, et pêcher.

Aux Etats-Unis, les agissements de Chevron ne passent pas inaperçus. Ici l'actrice Daryl Hannah testant de l'eau en Equateur.

Chevron a contesté cette décision et la Cour permanente d’arbitrage de La Haye a par la suite statué que les tribunaux équatoriens ont violé la loi internationale. Chevron a reçu 96 millions de dollars en frais d’arbitrage. Selon le Rainforest Action Network, l’héritage de Chevron en Equateur peut s’assimiler à « Tchernobyl ». L’Etats-Unien Joe Berlinger a réalisé un  documentaire  sur cette affaire en 2009, Crude.

Publicités

Equateur : les parcs de la discorde

Le coeur du président équatorien Raphael Correa est en train de pencher en faveur de la création d’emplois miniers plutôt que de la  sauvegarde de parcs naturels, malgré ses engagements présidentiels.

Les investisseurs miniers et pétroliers attendent l'autorisation de Correa

Les préfets des provinces Amazoniennes d’Equateur se sont opposés  vendredi 25 novembre à la volonté du gouvernement d’étendre l’exploration pétrolière et l’activité minière dans le parc de Zamora, au sud du pays. Lors du 3e sommet d’Amazonie, les préfets ont réclamé un plus grand contrôle sur ces exploitations. Le président Correa serait en train de négocier avec cinq entreprises étrangères, mais 53% des rentes minières resteraient dans les mains de l’Etat. Selon lui

Les parcs naturels équatoriens sont réputés pour être des joyaux de biodiversité

l’extension agricole représente une menace plus grave pour l’Amazonie que l’exploitation pétrôlière et minière.

Raphael Correa semble pressé de créer de l’emploi, malgré une croissance de 8,6% en 2010. Lors de la 14e Conférence des Nations Unies pour le Développement Industriel, lancée le 28 novembre, son vice-président a déclaré que le temps manquait à propos du projet Yasuni. Lenin Morano a rappelé que le gouvernement Equatorien s’était engagé à ne pas exploiter le gisement de pétrôle du parc Yasuni, à l’est, en échange d’un versement représentant la moitié des gains espérés, soit plus de 3 milliards de dollars. N’ayant reçu que 100 millions, du Brésil et de l’Espagne notamment (la France a toujours refusée et l’Allemagne s’est rétractée), l’Equateur est maintenant tenté d’exploiter le gisement dit ITT-Yasuni.

Le Chili, nouvel eldorado des investisseurs étrangers (El Mundo)

En 2010, les investissements directs à l’étranger (IDE) ont augmenté de 40% en Amérique latine, grâce au Mexique et au Brésil, mais aussi au Chili.
Le Chili est devenu un refuge pour les investisseurs, une sorte de Suisse de l’Amérique latine. Selon le Country Brand Index, qui mesure depuis 2004 l’opinion publique perçue pour chaque pays, le Chili est respectivement au 28e et 30e rang mondial pour le climat des affaires et la qualité de vie, devant les 18 autres pays d’Amérique latine.

La croissance du Chili devrait continuer malgré la crise européenne, grâce à une fiscalité à l’équilibre.

Source : http://www.elmundo.es/america/2011/11/14/noticias/1321291923.html

L’Etat vénézuélien veut agir contre le procès de Carlos en France (Terra)

Le procureur général de la République du Venezuela, Carlos Escarrá, a qualifié vendredi d' »illégal » le procès en France contre «Carlos», pour quatre attentats à la bombe en 1980 qui ont fait 11 morts. Il a déclaré que l’Etat « doit agir » pour sa défense .

Dans une interview à la chaîne officielle VTV, le procureur général a qualifié de « kidnapping » la détention de Ilich Ramirez Sanchez, alias «Carlos le chacal» par les services secrets français en 1994 au Soudan.

Carlos

Le président vénézuélien Hugo Chavez a ordonné lundi à son ministre des Affaires étrangères, Nicolas Maduro, de s’assurer que les droits de « Carlos » soient respectés en France, l’appelant « digne successeur des plus grands combats pour le peuple. »

Le Venezuelien, à qui a été attribué une série d’attaques meurtrières en Europe en 1970 et 1980, est maintenant jugé pour quatre d’entre elles, commises en 1982 et 1983 en France, qui ont tué 11 personnes.

Source : http://noticias.terra.com.pe/internacional/latinoamerica/procurador-de-venezuela-estado-debe-actuar-ante-juicio-ilegal-a-carlos,99bfe4c282293310VgnVCM10000098f154d0RCRD.html

Ortega officiellement élu au Nicaragua (NuevoHerald)

Le président du Conseil électoral suprême, Roberto Rivas, a déclaré officiellement hier que Daniel Ortega Saavedra a remporté l’élection présidentielle de dimanche.

Il a dit que la victoire d’Ortega « est toute logique, il s’agit d’un moment historique, sans précédent« , car il a obtenu plus de 60% des voix.

Luis Yanez-Barnuevo, le chef de la mission d’observation électorale de l’Union européenne, affirme dans un rapport préliminaire qu’un certain nombre d’anomalies ont été détectées pendant les élections, ainsi que des obstacles à l’exercice des fonctions de surveillance qui ont « considérablement réduit la capacité des étapes clés du processus de vérification, y compris pour la somme des résultats dans les centres de données. »

Source : http://www.elnuevoherald.com/2011/11/08/1061403/declaran-a-ortega-oficialmente.html#storylink=rss

Santos dissout le service d’intelligence Colombien (ElPais)

Le Président Colombien a ordonné la liquidation de la DAS après les scandales d’espionnage.

Agents de l'ex-DAS, la police de renseignements de Colombie (Crédits AP)

En Colombie, il est normal pour un politicien, un journaliste ou un militant des droits humains d’utiliser un code lorsqu’il utilise un téléphone mobile ou même un appareil fixe. La raison? Ils sont convaincus que quelqu’un d’autre est à l’écoute et, pire encore, enregistre. C’est l’une des activités illégales qui œuvra au service de renseignement, le Département administratif de sécurité (DAS) du gouvernement d’Alvaro Uribe. Le Président Juan Manuel Santos l’a fermé lundi après-midi : « J’ai signé le décret de liquidation », a-t-il dit. Pour éviter tout doute, il a ajouté : «Le cas de la DAS n’est pas une transformation, pas une réforme, l’affaire est une liquidation de la DAS, la DAS est supprimé. »

Les tâches du service de renseignement seront pris en charge par une nouvelle organisation qui sera dirigée par un amiral. La marine colombienne a une vaste expérience de formation dans le travail de renseignement.
Les nouvelles ont été accueillies avec soulagement par une société qui depuis plusieurs années a été étonnée de voir combien cette institution de  5.000 employés était hors de contrôle.

Source : http://internacional.elpais.com/internacional/2011/11/01/actualidad/1320175014_258328.html

L’Amérique Latine tourne le dos à l’Europe (El Pais)

Les yeux de la plupart des pays d’Amérique latine, à l’exception peut-être du Mexique, sont tournés vers l’Asie, en particulier la Chine et l’Inde, parce que l’Amérique Latine a besoin dans les années à venir que la consommation ne s’effondre pas, pour continuer à exporter à bon prix sur les marchés énergétiques, alimentaires et de matières premières, et ceux d’Asie sont ceux qui semblent générer la plus forte croissance d’une énorme classe moyenne, désireuse de se doter de tout. L’Europe est plongée dans une grave crise, et les Etats-Unis, incapables pour le moment de relancer la croissance, sont perçus depuis ce continent avec de plus en plus de distance, sans ignorer toutefois qu’ils sont toujours essentiels pour le développement de la région .

« On sait juste que le partenaire commercial le plus dynamique pour l’instant et, éventuellement, dans les années à venir est la Chine », explique l’agence Xinhua.

Le dynamisme chinois profite à l’Amérique Latine de deux manières: un haut fonctionnaire brésilien a expliqué vendredi à Buenos Aires que son pays compte désormais 70 sociétés implantées en Chine, 35 d’entre elles sont des représentations de sociétés existantes, mais les 35 autres sont de nouvelles entreprises nées dans ce pays directement avec des capitaux brésiliens.

La situation en Amérique latine a connu au cours des dix dernières années un changement formidable. Principalement en raison de l’essor des économies asiatiques, qui a coïncidé, dans la plupart des cas, avec la volonté de gouvernements démocratiques, plus ou moins grande, de sortir de la pauvreté leur population et de créer leur propre classe moyenne inférieure, capable de former un marché domestique attrayant. Le cas le plus spectaculaire est le Brésil, avec ses 200 millions de personnes et ses incroyables ressources naturelles, mais le processus est aussi très évident en Argentine ou en Colombie, pour ne citer que deux exemples. A noter également l’augmentation du commerce intrarégional, qui est passé de 15% à 20% entre 2000 et 2010.

Même si le commerce avec la Chine est le plus dynamique en Amérique Latine et que la Commission économique de l’ONU pour la région (CEPAL) estime que le pays asiatique devrait supplanter l’Union européenne (UE) en tant que deuxième partenaire commercial avant 2015, la vérité est que, pour le moment, l’Amérique et l’Europe sont toujours devant la Chine en tant que partenaires commerciaux de l’Amérique Latine prise dans son ensemble (y compris le Mexique) et restent, ce qui est très important, les premiers investisseurs. La plus grande exception, qui est aussi le miroir dans lequel se dévisagent beaucoup de pays latino-américains, est, là encore, le Brésil, où la Chine a déjà pris les devants sur les États-Unis entre Janvier et Mars de cette année, avec une petite différence de 19 millions de dollars de commerce entre le Brésil et les États-Unis.

Malgré cette évolution, 23% des exportations des Etats-Unis sont destinées à l’Amérique latine, contre 22% pour l’Asie et 19% vers le Canada. 19% des importations viennent d’Amérique latine, contre 34% venant d’Asie. Il est facile d’imaginer que Washington examine attentivement le développement de ces chiffres.

D’autre part, la crise de l’UE peut peut-être bénéficier, indirectement, à l’Amérique latine, non pas parce qu’elle améliore ses flux commerciaux, mais parce que les entreprises européennes augmentent leurs investissements dans la région à la recherche de rendements plus élevés que ceux obtenus dans l’Union. Cela est vrai, bien sûr, pour de nombreuses entreprises espagnoles: Banco Santander développait déjà en 2010 plus de 35% de son activité au Brésil et BBV, environ 50% en Amérique latine. La  filiale Argentine de Repsol, YPF, a contribué à près de 40% au chiffre d’affaire de l’entreprise, et Telefónica vit le même développement dans toute la région.

L’UE aurait du signer un accord commercial avec le Mercosur, l’Union infra-régionale dont font partis le Brésil, l’Argentine, l’Uruguay et le Paraguay, mais les négociations ne progressent pas depuis six ans. Le principal obstacle est formé par les pressions des agriculteurs européens, qui ne veulent pas ouvrir leurs marchés aux produits américains, une exigence pour que le Mercosur ouvre ses frontières aux biens et services européens. « Le fait est que l’Union européenne a investi au fil des ans plus d’argent en Amérique latine que dans la Chine, l’Inde et la Russie, les trois réunis, et il serait raisonnable de développer ce lien« , a poursuivi le commissaire au Commerce de l’UE Karel De Gutcht. Le problème est que la Chine est pressée et que l’Amérique latine ne veut pas perdre de temps.

Source : http://internacional.elpais.com/internacional/2011/10/28/actualidad/1319825887_334310.html

Mise au ban de la droite en Colombie après les élections régionales (AFP)

Les élections régionales de dimanche en Colombie, suite auxquelles un guérillero a gagné la mairie de Bogota et le Parti libéral a remporté de nouveaux sièges, confirment l’affaissement de la droite dure de l’ancien président Uribe Alvaro.

L'ancien guerrillero Gustavo Petro a gagné la mairie de Bogota (Crédits : La Silla Vacia)

Ce sont les premières élections en Colombie depuis la victoire à la présidentielle de 2010 de Juan Manuel Santos, qui s’est présenté comme le dauphin d’Uribe, mais qui a pris ses distances avec lui et gouverne dorénavant avec les partis de centre droit.

« Ces élections constituent une défaite majeure pour Uribe dans presque tout le territoire. Antioquia (nord-ouest), qui est son pays natal et dont il était gouverneur, a soutenu son opposant au poste de gouverneur (Carlos Estrada), ainsi que son candidat à la mairie de Medellín (Federico Gutiérrez) « , a déclaré l’analyste politique Fernando Giraldo à l’AFP.

Source : http://noticias.terra.com.pe/internacional/latinoamerica/regionales-en-colombia-confirman-arrinconamiento-de-la-derecha-dura,36addf37c5b53310VgnVCM4000009bf154d0RCRD.html

L’ange blond argentin condamné à perpétuité (BBC)

L’ancien officier de marine argentin Alfredo Astiz a été condamné à la prison à vie pour des crimes contre l’humanité réalisés pendant le régime militaire en 1976-1983.

Astiz – connu comme l’ «Ange blond de la mort » – a été reconnu jeudi 27 octobre coupable de torture, d’assassinat et de disparition forcée. Onze autres policiers et anciens militaires ont également reçu des condamnés à perpétuité pour crimes contre l’humanité.

Alfredo Astiz a été condamné à perpétuité

Tous travaillaient à l’École mécanique navale de Buenos Aires – connue sous le nom d’Esma – qui a été le plus grand centre de torture mis en place par la dictature. Sur les 5.000 prisonniers, 90% ne sont pas sortis vivants.

Astiz avait déjà été condamné par contumace en France pour l’assassinat des religieuses françaises Alice Domon et Léonie Duquet, qui ont disparu en Argentine en 1977.

Pour sa défense, Astiz a déclaré avoir agi pour sauver l’Argentine du «terrorisme» de gauche, et que ce procès n’était qu’une vengeance politique.

Source : http://www.bbc.co.uk/news/world-latin-america-15472396

2eme vague de nationalisation des hydrocarbures en Bolivie (Gramma)

Le président Bolivien, Evo Morales, a déclaré que la construction d’une usine à gaz dans le Gran Chaco marque le début de la deuxième phase de nationalisation des hydrocarbures.

Morales a déclaré que cela constitue une étape historique pour le pays. C’est l’apogée d’un processus d’exploitation et d’exportation de matières premières.

Selon YPFB (Yacimientos Petrolíferos Fiscales Bolivianos), l’usine traitera méga au moins 32 millions de mètres cubes de gaz par jour à partir de 2014.

Source : http://www.granma.cubaweb.cu/2011/10/28/interna/artic11.html